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Pour choisir il faut savoir
Voici une mise en bouche;
L’on se souhaitait bon appétit aujourd’hui il faut se souhaiter bonne chance en passant à table!
Les pièges de la vraie-fausse bonne bouffe
L'alimenteur est devenu le premier prescripteur du médicamenteur.

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La cynique alliance de la malbouffe et du grand laboratoire prétendant lutter contre l’obésité
Par Médiapart
ToxicitĂ©  |  Samedi - Avril 5, 2025 10:39 am  |  Lectures Article :1706  |  A+ | a-
Ferrero,Nestlé,McDonald’s,McCain,Novo Nordisk,agro-industrie,Arne Astrup
Ferrero,Nestlé,McDonald’s,McCain,Novo Nordisk,agro-industrie,Arne Astrup
Novo Nordisk commercialise des médicaments amaigrissants et, officiellement, la fondation du laboratoire se mobilise pour prévenir l’obésité.
La réalité est tout autre.
Son vice-président a par exemple été payé par Ferrero, Nestlé, McDonald’s et McCain.
Le laboratoire Novo Nordisk doit au scientifique Arne Astrup, entre autres, la découverte des médicaments coupe-faim Ozempic et Wegovy qui ont rendu le laboratoire danois plus riche que son propre pays.
Depuis 2020, la Fondation Novo Nordisk en a fait son vice-président chargé des questions d’obésité.
Arne Astrup pilote, à ce titre, le lancement d’une étude dont le but est de réviser la classification actuelle des aliments ultratransformés.
Mais surprise : le scientifique va dans le sens de l’agro-industrie.
Une part de l’explication a probablement été livrée par le Financial Times : Arne Astrup continue à être rémunéré par le fabricant de chocolat Ferrero.
Et si tout ce petit monde avait en fin de compte un intérêt commun ? « Les géants de la malbouffe nous rendent malades, Novo Nordisk propose de nous soigner, l’alliance est cynique », commente Camille Dorioz, directeur des campagnes de l’ONG Foodwatch.
« Arne Astrup a joué un rôle de formateur pour Ferrero, dans le cadre d’une activité individuelle et distincte de la fondation », tente de justifier un porte-parole de l’organisation philanthropique de Novo Nordisk.
Même le leader des frites McCain Foods a détecté « un possible conflit d’intérêts » quand Arne Astrup a rejoint la fondation du laboratoire. 
« Nous avons décidé, d’un commun accord, de ne pas renouveler la collaboration », indique à Mediapart l’entreprise canadienne, sans préciser le montant des rémunérations antérieures.
Par le passé, le spécialiste de l’obésité mondialement reconnu a aussi été payé par Nestlé, McDonald’s et Weight Watchers .
« C’est comme si des dentistes collaboraient avec l’industrie du sucre pour avoir davantage de patients dans leur cabinet.
Le conflit d’intérêts est énorme.
 Le sous-texte, c’est qu’on peut continuer de bourrer les consommateurs d’aliments mauvais pour la santé puisqu’on peut s’en sortir avec une pilule prétendument miracle », réagit Mathilde Touvier, directrice de l’équipe de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) qui a inventé le Nutri-Score, ce feu multicolore avec une note pour informer sur le contenu des aliments.
La fondation la plus riche du monde
La Fondation Novo Nordisk se présente comme une simple antenne caritative.
En réalité, elle permet au laboratoire d’étendre discrètement sa toile d’influence grâce à une structure financière singulière : la fondation de Novo Nordisk est le principal actionnaire du laboratoire.
Ainsi, plus les profits de la firme pharmaceutique gonflent, plus la fondation a de moyens.
Elle est ainsi devenue l’organisation philanthropique la plus puissante du monde, devant la Fondation Bill et Melinda Gates. 
Elle finance même des actions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La fondation subventionne de plus en plus d’études susceptibles d’orienter les politiques de nutrition, à hauteur de 1,3 milliard d’euros en 2024.
C’est ainsi que la direction de la fondation a approché Susanne Bügel, une chercheuse en nutrition de l’université de Copenhague, pour la placer à la tête d’un programme visant à réévaluer l’indicateur de l’état de transformation des aliments Nova.
Le but est de créer une classification alternative qui soit davantage favorable à l’industrie.
Cette classification Nova représente un enjeu crucial : à l’image du Nutri-Score, qui donne des bonnes et mauvaises notes en fonction de la valeur nutritionnelle des produits, Nova range les produits des plus naturels aux plus transformés.
Pour ce projet, la fondation a donc déboursé autour de 530 000.
Or Susanne Bügel déclare elle-même des liens d’intérêts avec l’industrie agro-alimentaire.
La guerre du Nutri-Score
Les barres chocolatées Kinder de Ferrero, les céréales pour enfants comme les Chocapic de Nestlé, les burgers tels que le Big Mac de McDonald’s, des frites McCain et les crèmes dessert Weight Watchers ont un point commun, au-delà d’être vendus par des marques qui ont rémunéré le numéro deux de la Fondation Novo Nordisk : ils figurent dans la pire catégorie de la classification Nova  mentionnée dans l’application Open Food Facts , celle des aliments ultratransformés.
La guerre contre le Nutri-Score n’est pas terminée que l’agro-industrie prépare déjà le prochain combat.
Elle lutte encore pour empêcher que l’affichage du Nutri-Score sur les emballages devienne obligatoire au niveau européen : en France, elle ferraille contre une proposition de loi pour le généraliser qui a été déposée le 14 mars au Sénat.
D’autant qu’elle vient aussi de perdre une bataille, avec l’adoption, après un an de blocage, de l’arrêté permettant l’entrée en vigueur de la nouvelle version de l’algorithme élaborée par des chercheurs indépendants.
Et qui pénalise davantage, dans le Nutri-Score, certains produits comme les boissons sucrées.
Forts de cette expérience, les mastodontes de la malbouffe anticipent de futures réglementations à venir sur les aliments ultratransformés.
Les politiques pourraient exiger d’afficher sur les paquets la classification Nova, encore inconnue du grand public.
Pour l’heure, en France, le Programme national nutrition santé recommande simplement de les limiter du fait des liens prouvés entre leur consommation et l’augmentation du risque de surpoids, d’obésité, de diabète, de maladies cardio-vasculaires et d’apparition de cancers, notamment par l’étude NutriNet-Santé.
Celle-ci mentionne que dans la plupart des pays occidentaux, la proportion de l’alimentation ultratransformée représente entre 50 % et 60 % de ce que l’on mange chaque jour.
Cette part continue d’augmenter considérablement, tout comme celle des personnes atteintes d’obésité.
D’ores et déjà, l’équipe de Mathilde Touvier a testé la perception de l’ajout d’un cadre noir mentionnant l’ultratransformation sur les emballages des aliments concernés, en plus du Nutri-Score. 
« C’est très bien compris », assure la chercheuse.
En novembre 2024, la Colombie, elle, a imposé une taxe sur une série d’aliments ultratransformés. 
« Les industriels de la malbouffe commencent à sentir la pression et craignent que de futures législations les concernent, alors ils s’arrangent pour instrumentaliser le débat en produisant de la science », observe Camille Dorioz, de Foodwatch.
Il leur faut éviter à tout prix que les produits ultratransformés soient montrés du doigt et que ceux qu’ils vendent entrent dans cette catégorie.
Concept spolié
Alors plutôt que de laisser la recherche indépendante réévaluer Nova pour ajuster les critères définissant ces aliments, mieux vaut prendre les devants.
La financer directement serait un peu trop flagrant.
Les géants de l’agro-alimentaire ont eu besoin d’un allié, trouvé en la Fondation Novo Nordisk. 
« Passer par un intermédiaire est une stratégie de lobbying bien connue.
Cela permet de créer du doute sur l’indicateur Nova en toute discrétion, sans que l’agro-industrie soit directement derrière », réagit Melissa Mialon, une docteure en santé publique autrice du livre Big Food & Cie (Thierry Souccar Éditions, 2021) et qui a fait partie de l’équipe de recherche initiale qui a créé la classification Nova au Brésil.
Lorsqu’il a appris le lancement du projet sponsorisé par la Fondation Novo Nordisk en utilisant le nom Nova, celui qui l’a inventé s’est élevé contre la spoliation de son bébé, alors que lui-même n’y est pas associé, dans une lettre ouverte adressée le 28 février aux responsables du programme de recherche.
Elle a été signée par une centaine de scientifiques spécialistes de l’alimentation du monde entier.
« Quand une fondation avec de tels liens financiers finance un projet visant à réviser une classification internationalement reconnue […], cela soulève des questions quant à savoir si l’objectif principal est le progrès scientifique ou l’influence des entreprises », se sont émues les signataires.
Depuis, le projet soutenu par la fondation ne fait plus référence au nom de Nova et a été rebaptisé « Update » (« mise à jour »).
Le but demeure le même. 
« L’industrie agro-alimentaire a tenté la stratégie du cheval de Troie mais le conflit d’intérêts est trop évident et enlève la légitimité à cette équipe de recherche financée par la Fondation Novo Nordisk.
Plus largement, cette organisation philanthropique oriente la recherche dans le domaine en fonction des intérêts de Novo Nordisk, qui pratique un mélange des genres sans vergogne et peu honnête », dénonce Philippe Froguel, généticien spécialiste de l’obésité.
La gamme spéciale de Nestlé pour les patients sous coupe-faim
« À la fin, limiter la lutte contre les aliments ultratransformés impliqués dans les risques d’obésité maintient le marché de l’agro-industrie mais aussi celui de Novo Nordisk, même si, au premier abord, ce mariage de la carpe et du lapin peut surprendre », commente quant à lui Serge Hercberg, épidémiologiste et l’un des créateurs du Nutri-Score.
En effet, aux États-Unis, où Novo Nordisk a commercialisé l’Ozempic et le Wegovy plus tôt, autour de 6 % de la population déclare être sous un médicament coupe-faim de la même famille.
Or des études économiques montrent que les changements d’habitudes induits par ces nouveaux traitements peuvent faire chuter la consommation de junk food.
Toutefois, l’industrie agro-alimentaire a l’habitude de rebondir : en guise de riposte, Nestlé a sorti en mai 2024 dans les rayons surgelés des hypermarchés aux États-Unis une panoplie de plus petites portions destinée spécifiquement aux patientes qui prennent la molécule amaigrissante.
Sa gamme Vital Pursuit est composée de pâtes, de sandwichs et de pizzas hyper-protéinés…
Et ultratransformés.
La stratégie est doublement payante.
D’abord parce que « ces gammes d’aliments de niche sont vendues hors de prix.
Les industriels font des bénéfices en commercialisant à faibles tarifs des produits basiques ultratransformés mauvais pour la santé accessibles aux plus défavorisés, particulièrement touchés par l’obésité, et font davantage de marges sur d’autres », déplore Stéphane Besançon, nutritionniste et directeur général de Santé diabète. D’ailleurs, Nestlé indique à Mediapart que « l’accueil initial de cette nouvelle gamme est encourageant ».
Deuxièmement, à l’arrêt des traitements, les consommateurs et consommatrices qui ont gardé l’habitude Nestlé rempliront de nouveau leur caddie de ses produits, mais plus en demi-portions…
Alimentant de nouveau le marché de l’obésité.

Les aliments ultratransformés, une catastrophe sanitaire
Les aliments ultratransformés sont composés d’ingrédients que l’on ne trouve pas dans nos cuisines, des composés chimiques qui commencent par E et se terminent par des chiffres.
Ces additifs rendent les aliments toujours plus croustillants ou onctueux et nous, toujours plus addicts.
Ils sont adorés de l’agro-industrie pour leur côté pousse-à-la-consommation et la praticité des longues durées de conservation.
Ils sont savamment ajoutés aux recettes de produits conçus pour être ingurgités plus vite, sans laisser le temps à l’intestin d’indiquer au cerveau qu’il est rassasié.
Les industriels de l’alimentation veillent à ce que leur nourriture contienne la quantité de sel, de sucre et de graisse idéale pour atteindre le « point de félicité », qui incite à engloutir le paquet en entier une fois ouvert, comme le montre le récent documentaire Tous accros : le piège des aliments ultratransformés.
Et à en racheter.





 
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