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Pour choisir il faut savoir
Voici une mise en bouche;
L’on se souhaitait bon appétit aujourd’hui il faut se souhaiter bonne chance en passant à table!
Les pièges de la vraie-fausse bonne bouffe
L'alimenteur est devenu le premier prescripteur du médicamenteur.

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Le champignon qui aimait les pommes
Par Le Canard Enchainé
Fruits et LĂ©gumes  |  Mercredi - Avril 23, 2025 8:50 am  |  Lectures Article :1331  |  A+ | a-
tavelure,pomme,Venturia inaequalis,chantecler,reinettes
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Pas une tache de Venturia inaequalis sur les pommes !
Ce petit champignon, sans danger pour les consommateurs et sans impact sur le goût, est accusé de dévaluer la marchandise.
Du coup, les fruits atteints sont jetés à la poubelle et les vergers sont arrosés de toujours plus de fongicides.
Imaginez une substance cancérogène, neurotoxique, perturbatrice du système endocrinien, qui, en prime, zigouille les poissons, mais qu’on asperge à tout-va sur les pommiers alors qu’on pourrait s’en passer.
Et, comme si cela ne suffisait pas, le mancobèze – c’est son nom – est la plupart du temps mélangé en cocktail avec de l’azoxystrobine, un perturbateur endocrinien qui flingue également les abeilles.
A eux seuls, ces deux fongicides représentent environ la moitié des traitements appliqués chaque année sur les pommiers.
De l’aveu même du ministère de l’Agriculture, les champs de pommiers sont, de tous les vergers, les plus arrosés de fongicides, d’herbicides et d’insecticides, avec environ une quarantaine de traitements par an.
Si nos pomiculteurs recourent ainsi au mancobèze et à l’azoxystrobine, c’est pour se débarrasser de Venturia inaequalis, un petit champignon qui fait des taches brunes sur les pommes.
Or, non seulement cette maladie, appelée tavelure du pommier, est sans danger pour les croqueurs de pommes, mais elle n’altère aucunement le goût du fruit.
Sauf que la grande distribution préfère les pommes traitées aux pesticides et tape-à-l’œil aux pommes tachées sans résidus de fongicides.
Déclassement illico
Un fruit atteint par la tavelure est systématiquement déclassé, ce qui lui fait perdre au moins 50 % de sa valeur marchande.
Les pomiculteurs détruisent dès lors leurs pommes tachées : 15 % de la production d’un verger peut être déclassée à cause de la tavelure, et la proportion grimpe à 30 % dans les régions particulièrement pluvieuses, car Venturia inaequalis raffole de l’humidité.
Ce sont finalement des tonnes de pommes de table qui sont jetées à la poubelle chaque année, alors qu’elles sont parfaitement comestibles !
Le plus croquant, c’est qu’en sélectionnant des variétés à fort rendement, à longue durée de conservation après cueillette, standardisées, esthétiquement parfaites, les ingénieurs agronomes ont, sans le vouloir, favorisé des gènes fruitiers sensibles à la tavelure.
C’est particulièrement vrai pour la golden et la gala, taillées sur mesure pour la vente en supermarchés et qui représentent près de la moitié des 1,3 million de tonnes de pommes de table récoltées tous les ans en France.
Et tant pis si les très goûteuses chantecler et reine des reinettes, boudées par les grandes surfaces, la première parce que pas assez bien calibrée, la seconde faute de gros rendements, résistent sans pesticides à Venturia inaequalis.
On prend vraiment le consommateur de pommes pour une poire…

 
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