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Pour choisir il faut savoir
Voici une mise en bouche;
L’on se souhaitait bon appétit aujourd’hui il faut se souhaiter bonne chance en passant à table!
Les pièges de la vraie-fausse bonne bouffe
L'alimenteur est devenu le premier prescripteur du médicamenteur.

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Vas y mon poussin !
Par Le Canard Enchainé
Crèmerie - Oeufs - Fromage  |  Mercredi - Mai 7, 2025 8:36 am  |  Lectures Article :1292  |  A+ | a-
poule,poussin,ovo-sexage,grande distribution,oeufs,ovoproduits
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La grande distribution ne veut plus assumer les conséquences financières de l'interdiction de broyer vivants les poussins mâles.
Ce sont les éleveurs, seuls, qui payeront désormais la note.
L'industrie agroalimentaire, s'en sort, une fois de plus, sans débourser le moindre centime.
Elle n’est pas près de rester sur la paille.
Cocorico.
Nos producteurs d’œufs et ceux qui les vendent sont tombés d’accord, in extremis, pour continuer à payer l’installation dans les couvoirs de caméras hyperspectrales qui permettent de détecter à travers la coquille le sexe des poussins.

Avant que la France rende cet équipement obligatoire en 2023, cinquante millions de poussins mâles qui avaient le malheur d’éclore dans des incubateurs dédiés à la production de poules pondeuses étaient, tous les ans, broyés vivants à la naissance entre deux rouleaux mécaniques.

Sauf que les machines à ovo-sexage coûtent cher, les couvoirs doivent mettre sur la table chaque année 40 millions d’euros pour louer le matos.

La grande distribution avait accepté de financer à hauteur de 59 centimes d’euros les 100 œufs, mais quand, en février dernier, l’accord est arrivé à échéance, Carrefour, Leclerc et consorts qui achètent à l’industrie volaillère tricolore 7,4 milliards d’œufs par an, ont réclamé un allègement de la taxe.
Il a fallu que la Confédération française de l’aviculture monte sur ses ergots en demandant à ses adhérents de stopper les livraisons d’œufs dans les supermarchés pour que les grandes enseignes acceptent un compromis.

Le nouvel arrangement, pondu le 1er mars, prévoit que les grossistes en œufs mettent désormais aussi la main à la poche, ce qui ramène la dîme de la grande distrib’ à 39 centimes d’euros pour 100 œufs.
Carrefour et Leclerc ont obtenu en prime que tout ça s’arrête en juin 2026, ce sont les couvoirs qui factureront alors directement le surcoût de l’ovo-sexage aux éleveurs.
Ces derniers devront débourser deux euros par poussin, le double de ce qu’ils paient aujourd’hui…
De son côté, l’industrie agroalimentaire qui consomme chaque année 6,2 milliards d’œufs, sous forme de poudres et de concentrés liquides de blancs ou de jaunes, aura réussi à ne jamais verser un kopeck pour l’ovo-sexage.
Roule ma poule.

Cerise sur la coquille, les fabricants de desserts industriels, de pizzas surgelées et autres plats préparés, ne sont pas tenus d’indiquer sur l’étiquette qu’ils ont touillé leurs marchandises avec des ovoproduits importés de pays où l’on continue à broyer des poussins vivants.
Pour le moment, seules la France et l’Allemagne ont renoncé à cette charmante pratique.
Cela fait plus de cinq ans que Bruxelles promet de rendre obligatoire l’ovo-sexage mais l’Espagne et l’Italie, autres poids lourds de la poule pondeuse, font tout pour tuer le projet dans l’œuf.
Ça donne envie de voler dans les plumes…
 
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