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Pour choisir il faut savoir
Voici une mise en bouche;
L’on se souhaitait bon appétit aujourd’hui il faut se souhaiter bonne chance en passant à table!
Les pièges de la vraie-fausse bonne bouffe
L'alimenteur est devenu le premier prescripteur du médicamenteur.

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Des tomates cerises qui cachent bien leur jeu
Par Le Canard Enchainé
Fruits et Légumes  |  Mercredi - Septembre 24, 2025 9:52 am  |  Lectures Article :663  |  A+ | a-
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Il s'engage à fond, de la ferme à l’assiette, le producteur des mini tomates de la marque Azura !
Seul hic : on peut lire en tout petit sur la barquette, qu’elles ont poussé sous le soleil marocain, à 3000 kilomètres de nos étals.
Elles y sont cultivées dans la région d’Agadir par des migrants subsahariens payés au lance-pierre.
Entrez dans le premier Carrefour venu, rayon primeur.
Vous tomberez sur des barquettes en carton pleines de «â€¯tomates cerises allongées » de la marque Azura.
Le prix : 0,99 €.
Le slogan : «â€¯Savoureuses & croquantes ».
Le poids : 250 grammes.
A l’intérieur : 20 tomates cerises.
Le bla-bla : «â€¯Pour vous donner les meilleures tomates cerises, notre producteur teste plus de 300 variétés chaque année et seules 1 à 3 sont sélectionnées.
Il réalise en moyenne 500 dégustations par an. »
Un fin gourmet, ce producteur !

Mieux : un écolo pur et dur.
La petite fenêtre transparente par laquelle on voit les minitomates n’est pas en plastique, comme on pourrait le croire, mais «â€¯composée d’un film fabriqué à partir de cellulose végétale ».
Encore mieux, les tomates le disent elles-mêmes : «â€¯Notre producteur s’engage de la ferme à l’assiette pour : – réduire nos émissions de CO2 pour limiter le réchauffement climatique ; – optimiser les ressources en eau (utilisation/consommation/rejet) ; – limiter au maximum le recours aux produits phyto­sanitaires ; – diminuer la consommation d’emballage plastique et utiliser du carton issu de forêts gérées durablement ; – trier, recycler et valoriser l’ensemble de nos déchets. »
Génial, sauf que dans un coin discret, on peut lire, en tout petit : «â€¯Origine : Maroc. » Ainsi, ces tomates ont parcouru 3 000 km pour atterrir ici !
Trois jours de camion, bateau, puis camion de nouveau.
Certes, leurs serres n’ont pas eu à être chauffées, vu le soleil marocain, mais ce sont quand même des pétro tomates !
Sans compter le séjour en entrepôts et conteneurs frigorifiques…
Mais les ressources en eau du Maroc sont si rares et menacées qu’une partie de l’eau d’irrigation vient déjà d’usines de désalinisation énergivores.
On ne se demande pas moins comment ces 250 grammes de tomates réussissent à enfoncer la concurrence avec ce tarif de compétition à 0,99 €.
Juste à côté, on trouve une barquette de tomates cerises françaises Savéol du même poids vendue 2,95 €.
Trois fois plus cher !

Drôle de goût
L’explication est simple : au Maroc, les salariés des serres sont payés au lance-pierre. «â€¯Lorsque le coût horaire de l’employeur est de 12,80 € en France, il est de 0,74 € au Maroc », dit un rapport du Sénat sur la «â€¯compétitivité de la ferme France » cosigné en 2022 par le désormais fameux sénateur Duplomb.
Dix-sept fois moins cher !

Et peut-être encore moins… «â€¯Naguère réservés aux femmes marocaines pauvres, ces emplois sont désormais majoritairement occupés par des migrants », note un humanitaire en poste à Agadir (« La Croix », 25/2).
Quels migrants ?
Des Subsahariens qui ont voulu fuir vers l’Europe mais que la police marocaine a inter­ceptés et renvoyés dans la région d’Agadir, là où sont concentrées les serres à tomates.
«â€¯Ils sont disponibles, moins chers et n’ont aucune autre solution.
C’est le travail ou la mendicité. »
On se disait bien que ces tomates pas chères avaient un drôle de goût…
 
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