D'ailleurs, c'est une discrète PME du Pas-de-Calais, Ingredia. filiale du groupe La Prospérité fermière, qui en est l'un des champions mondiaux. Tout comme dans les années 70.
Nos industriels, Danone en tête, se sont mis en tête d'imiter les compagnies pétrolières.
Pour transformer le lait en or blanc, on fait comme dans les raffineries, on le fractionne afin d'en extraire des sous-produits à haute valeur ajoutée. Dans 1 litre de lait, 130 grammes concentrent une grande richesse nutritive : lactose, lipides, protéines très recherchées (32 grammes) et minéraux.
C'est la caséine, récupérée par microfiltration à partir des protéines, dont raffolent les fabricants de compléments alimen-taires.
Autre gros client, l'industrie viticole, qui utilise pour clarifier le vin et le rendre ainsi plus limpide et prévenir le jaunissement des blancs, et le délaye dans le rosé pour qu'il s'oxyde moins vite.
Les fabricants de jambons, saucisses ou saucissons en sont tout aussi friands pour améliorer la texture et repousser la date de péremption.
Dans les pizzas industrielles, la caséine améliore l'aptitude à fondre des fromages.
En crackant le lait, on obtient aussi des protéines sériques.
Plébiscitées
Car les sportifs qui veulent de gros iceps. elles se retrouvent aussi pêle-mêle dans les aliments pour bébés, les crèmes glacées pour leur pouvoir émulsifiant, les « confiseries aérées » pour leur effet gélifiant, les mousses de foie ou de légumes pour en augmenter le foisonnement, les croissants industriels, qu'elles rendent un peu plus moelleux, et même les potaqes en poudre.
Et que dire de I Vrolyse enzymatique des protéines de lait...
Cette fois, on coupe en petits morceaux lesdites protéines pour récupérer des peptiaes.
Ces petites chaînes d'acides ami-nés sont le nouveau Graal des in-dustries laitières pour leurs vertus antistress, et elles intéressent les labos pour leurs propriétés antihyperten-sives.
Crackées ou hydrolysées, ces protéines laitières sont de 100 à 1 000 fois plus rentables que les sous-produits lambda comme le beurre ou la poudre de lait écrémé.
On comprend qu'il ne nous reste plus en rayons que du lait appauvri !